Questions fréquentes
Réponses directes aux questions qui viennent d’abord : Allah, Jésus, la charia, la violence, les femmes et le voile, islam et islamisme.
Ces questions reviennent plus que les autres. Voici des réponses simples.
Allah est-il un autre dieu ?
Non. Allah est le mot arabe pour Dieu, et les chrétiens et les juifs arabophones l’emploient aussi : ouvrez une bible en arabe, il apparaît partout où une bible en français écrit Dieu. Les musulmans se comprennent comme adorant le Dieu de Noé, d’Abraham, de Moïse et de Jésus. Le mot reste sans traduction en français en partie par habitude, en partie parce que l’arabe ne lui donne ni pluriel ni féminin.
Les musulmans croient-ils en Jésus ?
Oui, et cela étonne. Jésus, ‘Îsâ en arabe, est l’un des plus grands prophètes de l’islam et le Messie. Les musulmans croient qu’il est né de Marie alors qu’elle était vierge, que cette naissance fut un miracle, et qu’il a guéri des malades et ressuscité des morts par la permission de Dieu. Une sourate du Coran porte le nom de Marie. Là où l’islam se sépare de la foi chrétienne, c’est sur la divinité : les musulmans tiennent Jésus pour un prophète et un serviteur de Dieu, non pour Dieu ni pour le fils de Dieu, et attendent son retour avant la fin des temps. Aucune version de l’islam n’admet qu’on le rabaisse.
Qu’est-ce que la charia ?
La charia est l’ensemble des orientations que les musulmans croient reçues de Dieu : comment prier, jeûner, se marier, commercer, hériter, manger, traiter ses parents et ses voisins. L’essentiel régit le culte privé et la conduite personnelle, et un musulman à Lyon ou à Dakar en suit la quasi-totalité sans qu’un tribunal n’entre jamais en jeu. Les savants en décrivent la finalité comme la protection de cinq choses : la religion, la vie, la raison, les biens et la famille. Le débat public français sur la charia porte presque toujours sur les codes pénaux d’une poignée d’États, tranche mince et très contestée d’un vaste sujet, et ce n’est pas à cela qu’un musulman pense en employant le mot.
L’islam permet-il la violence contre des civils ?
Non, et les sources sont précises plutôt que vagues. Muhammad, paix et salut sur lui, a interdit de tuer les femmes et les enfants à la guerre, de rompre un traité, de commettre des excès, de punir par le feu. Il a dit que celui qui tue une personne liée aux musulmans par un pacte ne sentira même pas le parfum du Paradis, et il plaçait le meurtre au second rang des péchés les plus graves. Attentats, prises d’otages et attaques contre des gens qui vaquent à leur vie enfreignent la loi islamique au lieu de l’exprimer, quoi que leurs auteurs disent de leurs motifs.
Islam et islamisme, est-ce la même chose ?
Non, et le français distingue les deux mots pour de bonnes raisons. L’islam est une religion : un credo, un culte, une morale. L’islamisme désigne des projets politiques contemporains qui visent le pouvoir d’État au nom de cette religion. La plupart des musulmans de France pratiquent l’un sans rien devoir à l’autre.
Et les femmes ?
Le Coran dit que quiconque fait le bien, homme ou femme, reçoit la même récompense. La loi islamique a donné aux femmes le droit de posséder et de gérer des biens en leur nom, de tenir un commerce, d’hériter selon des parts fixées, d’engager un divorce et de garder leur nom de famille. Interrogé sur qui mérite le plus la bonne compagnie d’une personne, Muhammad ﷺ a répondu « ta mère » trois fois avant de dire « ton père ». Les pratiques varient énormément d’un pays à l’autre, et bien des choses défendues comme islamiques relèvent de coutumes locales : mariage forcé et crime d’honneur en sont les exemples courants, et les sources citées ici les nomment comme tels. Le voile, le hijab, est tenu pour une obligation religieuse dans la compréhension majoritaire, et les femmes citées dans ces sources décrivent le porter comme leur propre décision.
Comment en savoir plus ?
Lisez le Coran en traduction, si possible plus d’une, et voyez ce que le texte fait plutôt que ce qu’on en dit. Ce site renvoie à des traductions dont les traducteurs sont nommés. Sinon, la plupart des mosquées font visiter les lieux et répondent aux questions sans rien attendre en retour.